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Mickaël Cormy, entraîneur de trotteurs
Se battre pour un taux plus réduit de TVA

Cormy petit portraitMickaël Cormy évoque le retour de Balbir ce jeudi et sa jeune génération. Il salue l’action contre le projet de Live Betting et insiste sur le fondamental combat à mener contre la TVA.

Eros du Fossé et la 500ème au sulky

« Le petit Eros du Fossé, qui a gagné à Lyon-La Soie, m’a permis de réaliser la 500ème victoire en tant que driver. Il le fait facilement ce jour-là. Il avait tout pour lui, la longue distance, un lot peut-être moins dur qu’à Cagnes-sur-Mer, et un bon numéro derrière la voiture. De plus, il est plus à l’aise corde à droite. Dans les tournants, à gauche, il a tendance à se coucher un peu. En dernier lieu, à Cagnes, il court encore très bien. Si je peux me dégager plus tôt, je suis aisément deuxième. Je suis content d’avoir ce petit cheval dans mes boxes. Il va courir autant que possible car je ne vais pas prendre le risque de l’arrêter. Je sais qu’il ne va plus grandir désormais. c’est une bonne recrue.

Encierro Jyl, un sujet d’avenir

Lors de sa victoire à  Feurs, il a été un peu gêné au moment de la volte. Il s’est fait peur avec un concurrent qui est passé près de lui et il a concédé de nombreuses longueurs. Mais il est revenu gagner avec la manière. C’est un poulain d’avenir. Il a beaucoup de facilité. Nous l’avions acheté à Deauville pour le compte de Michel Sardou. Je l’avais trouvé magnifique. On va courir assez régulièrement avec lui afin qu’il se fabrique et qu’il apprenne son métier. Il devrait réaliser une belle année si tout se passe bien. On fonde de gros espoirs. Parmi les dernières tentatives de nos protégés, Charline Lady a bien gagné à Lyon, puis elle a décroché une plaisante troisième place à Cagnes. On n’avait pas grand chose à courir ensuite, mais c’est une jument qu’il va falloir suivre toute l’année, elle s’est amendée et possède beaucoup de tenue. On en a pris soin et elle nous récompense. On aime bien à l’écurie.

Le retour de Balbir aujourd’hui à Lyon

Balbir effectue sa rentrée ce jeudi. Il a été malade et on l’a laissé souffler ensuite une quinzaine de jours. On souhaitait l’arrêter un peu plus longtemps, mais il avait trop de gaz au paddock et on a eu peur qu’il se blesse. C’est pour cette raison que l’on a repris le travail. Aujourd’hui, à Lyon-Parilly, l’engagement est fameux, mais le cheval ne sera pas à 100%. On ne va pas le déferrer et il ne sera pas muni d’œillères. On va courir sans pression, ce n’est pas un objectif. De par la qualité du cheval, on devrait cependant conclure dans les quatre. Il y a quelques bons chevaux au départ, à l’image de Bad Boy du Dollar ou Buffalo de Beylev, et surtout des chevaux plus prêts que le mien. Mais le notre est bien revenu au travail. Les bons chevaux reviennent toujours plus rapidement en condition.

Live betting et Tva, deux problèmes

Concernant la mise en place du Live Betting envisagé dans les points courses par la Fdj, on a essentiellement des infos par le biais de la presse et chacun y va de son commentaire. Mais il n’est pas facile de se prononcer sur un dossier que l’on ne maîtrise pas vraiment.

Faut-il vraiment s’opposer complètement à quelque chose qui risque de passer quand même ? Comme certains professionnels, avec qui j’ai évoqué le problème, je me dis qu’il serait peut-être plus opportun de tenter de négocier et de trouver d’autres solutions plutôt que de partir en guerre. Avec les lois européennes, j’ai peur que la bataille soit perdue d’avance concernant ce Live Betting. Mais je suis solidaire de l’action qui est menée et je suis signataire de la pétition initiée par le collectif. Il faut reconnaître que l’Europe nous a fait mal ces dernières années. Avec le relèvement du taux de la TVA, nous avons été aussi très sérieusement impactés. Cette hausse concernant notre profession a été sensible. A titre d’exemple, pour une écurie comme la notre, l’état nous prélevait une fois par an de la Tva. Désormais, nous versons des sommes importantes mensuellement. Quand une écurie tourne correctement, en général, il faut compter entre 8000 et 10 000 euros tous les mois. Ce problème de taux relevé, à mon sens, constitue un combat sur lequel il faut se concentrer. Il est désormais difficile d’attirer de nouveaux clients. Le problème se pose essentiellement pour le propriétaire non assujettis à la Tva, qui ne la récupèrent pas. Si on parvenait simplement à faire retomber la Tva à un taux de 10%, il est clair que cela redonnerait un bol d’air à la profession. De plus, dans le cas des gains obtenus en course, la somme est versée Tva comprise. Dès lors qu’une structure connait une période creuse, il est difficile de mettre cette Tva de côté et on aura tendance à l’utiliser. Cet argent n’est souvent plus dans les caisses au moment de l’appel de cotisations et les choses se compliquent sérieusement. Je pense qu’il faut se battre pour retrouver un taux plus bas. Je n’ai pas l’impression que beaucoup de professionnels aient signé la pétition en cours. Au passage, il faut cependant souligner que le Cheval Français a fait un effort en donnant 60 € par mois et par cheval à l’entraînement aux propriétaires non assujettis. Une fois par an, une aide à l’emploi est également versée aux salariés employés au sein des structures.

Retrouver du public sur les hippodromes

De manière générale, même si nous sommes dans une passe difficile, avec des incertitudes, je pense qu’il est important de continuer à avancer et trouver des solutions. Comme je l’ai dit, nous devons être solidaires dans nos combats. Par contre, il faut arrêter de donner des impressions trop négatives sur les courses hippiques car les clients vont finir par fuir. Il est difficile de faire venir des investisseurs en donnant quotidiennement des mauvaises nouvelles. Il est aussi fondamental de faire revenir du public sur les hippodromes. C’est aussi le challenge que doivent relever nos dirigeants. Il est compliqué de comprendre que l’on puisse avoir des stades de foot remplis et des tribunes désertes sur les hippodromes. ll serait temps d’inverser la tendance. On peut prendre en référence l’hippodrome de Feurs qui parvient à drainer de la foule. Les dirigeants se démènent et peuvent se prévaloir d’un solde positif, avec l’implication des acteurs locaux institutionnels et économiques. C’est un bon exemple à suivre ».