Elevage - Centre Est

Maxime Merlin et une famille en “or”

 

 

Maxime Merlin a un bon pedigree. Appartenant à la troisième génération d’une famille qui consacre son temps à l’élevage de trotteurs, il perpétue simplement la tradition dans le cocon d'un grand-père et d'un oncle. Celui qui a vu naître le cheval Quesito d’Or, aujourd’hui dans le Rhône dans les boxes de Pierre Callier, se confie au Mistral Gagnant.

Bonjour, une petite présentation d'abord pour les lecteurs du Mistral Gagnant ?

Ma famille vit dans la Manche aux Moitiers en Bauptois, à une quinzaine de kilomètres de Sainte-Mère Eglise, dans la Manche. Nous disposons d'un petit haras avec paddocks et piste et bien sur des pâturages nécessaires à l'élevage. Nous sommes trois à pratiquer, mon grand père, mon oncle (respectivement Belliard René et Belliard David, ndlr) et moi même. L’aventure a commencé dans les années 70 pour mon grand père, dans les années 80 pour mon oncle, qui à fait l'école de Graignes, et dans les années 2000 pour moi qui suis tombé dans la marmite à l'âge de 2 ans. Mon grand père dispose de  trois poulinières, mon oncle une et moi trois. Il y a donc sept poulains par an à la maison (lorsque toutes les poulinières sont pleines), que l’on vend à 18 mois aux ventes de Caen.

Comment devient-on éleveur ?

Mon grand père a acheté une jument, Nodale, qu'il a débourré puis mise à l'entrainement chez Mr Jacques Marie. Cette jument à pris 74.000 € ce qui pour l'époque était assez important puisque seuls les trois premiers recevaient une allocation, et bien moins importante que maintenant. Cette jument, grand-mère de Neige d’Or, fut la première poulinière de mon grand père. Pour ma part, n’ayant pas pu devenir jockey, car mes parents ont refusé catégoriquement, je me suis tourné vers l’élevage. Quelque part ils m’ont fait prendre la meilleure voie car j’adore faire les croisements. J’ai le nez dans le guide des étalons depuis que je sais lire.

Et pourquoi les trotteurs ?

Pour mon grand père le choix s’est opéré naturellement, car il est fils d’agriculteur et que le trotteur représente un peu le « galopeur du pauvre ». J’ai conservé cette philosophie.

Et c'est devenu un élevage en "or" ?

Mon grand père à pris le suffixe « D’or » tout simplement car le premier poulain né de la seconde poulinière était par Manino d’Or. Mon oncle en a fait de même. Quant à moi, comme je trouvais qu’il y avait trop d’éleveurs avec le suffixe d’Or, j’ai choisi le mien « De Nilrem ». Il s’agit tout simplement de mon nom en verlan. C'est tout ce qui est ressorti de ma feuille quand je me cherchais un suffixe.

Comment se déroule une journée de travail  ?

Le matin on nourrit tous les chevaux de l’écurie. Il y a encore 4-5 poulains à l’entrainement (les derniers) qui n’ont pas été vendus pour diverses raisons. Ensuite, les soins, quand il y en a. Et enfin on va faire le tour des champs où se trouvent les poulinières et les poulains afin de les nourrir et de les inspecter un par un pour vérifier que tout aille bien. Vient ensuite l’entraînement en vue de la qualification des poulains qu’il nous reste, et le soir on refait la même chose que le matin.

Face aux difficultés, les petits éleveurs ont-ils encore un avenir ?

Le plus difficile pour nous est de voir le marché de la vente s'effondrer car on y investit de l’argent. C’est souvent difficile de juste retomber sur ses pieds, même en allant à de bons étalons. Les petits éleveurs sont pour moi importants car ils font vivre la filière et participent à sa santé. Malheureusement, aujourd’hui, avec les mesures drastiques de la SECF en matière de poulinières, de qualifications, mais aussi avec la hausse de la TVA, les petits vont avoir de plus en plus de mal à s’en sortir. Ce que je trouve dommageable c’est la limitation des poulinières, car beaucoup de nos cracks français sont issus de mère n’ayant jamais vu un champ de courses. Lorsqu’on discute avec d’autres petits éleveurs, ils ont le sentiment que dans 10 ou 20 ans la machine aura broyé le bas de l'échelle.  Les petits auront disparu, ne trouvant plus de poulinières accessibles. J’espère me tromper, car je veux être encore là dans 20 ans (rires) !

Comment choisissez-vous les étalons pour vos poulinières ?

On regarde déjà ce qui a fonctionné avec le pedigree de nos poulinières, quels courants de sang vont bien ensemble. Ensuite en fonction des étalons qui pourraient potentiellement convenir, on essaye de corriger les défauts de la mère grâce aux qualités du père. En théorie c’est pour moi la meilleure manière de procéder, même si dans la pratique ce n’est pas toujours aussi évident. Jusqu’à maintenant j’achetais les poulinières pour leurs origines et leur modèle, maintenant j’essaye d’avoir aussi les aptitudes en courses.

Quels sont les fleurons de votre élevage ?

Mon grand père a élevé Neige d’Or qui a gagné 300.000€ et qui compte treize victoires. Mon oncle a élevé Essie d’Or qui a gagné 61.000€ et qui compte cinq victoires. C’est la mère de Quesito d’Or qui comptabilise actuellement 175.000€ et onze victoires. Ils ont tous apporté leur lot de satisfactions. Neige car elle à permis de mettre un peu de lumière sur nous, Quesito car il déçoit rarement. Ce dernier est du reste le seul à se présenter encore en course.

Vendez-vous vos poulains ou conservez-vous une part sur leur future carrière de course ?

On vend tout, sauf quand une pouliche à un papier qui pourrait faire d’elle une jolie poulinière. On la loue pour sa carrière de course et on la récupère ensuite.

Première poulinière et premier cheval de votre élevage à avoir remporté une course ?

La première poulinière de mon grand père fut Nodale, la première de mon oncle Réeducation, l’arrière grand-mère de Quesito, quant à moi il s’agit d’Idole de Retz qui n’a rien sorti pour l’instant mais ses deux derniers poulains sont toujours à l’entraînement, alors j’ose encore espérer. Pour la première victoire vu que je n’étais pas né, je ne m’en souviens pas, mais très certainement avec Nodale. 

Quel est le rêve d'un éleveur ?

Elever un gagnant de Prix d’Amérique. On travaille tous pour cela. Maintenant si j’arrive à élever un placé de groupe, j'en serai déjà très ému !

Propos recueillis par T.M.

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